« Article 1 : Toujours plus proche de la fin. »

Art 1

Alyson prit son cahier et écrivit :

« Article 1 : Toujours plus proche de la fin.

Cette année, je viens d’avoir vingt huit ans et j’opère une véritable prise de conscience. La mort se rapproche à grands pas. J’ai déjà vécu la moitié de ma vie, peut être un tiers grâce aux progrès de la médecine et je me rends compte que je ne suis pas immortelle. Plus que l’argent, le temps est le véritable obstacle de la vie. La mort est inévitable et quitte à être mortel, autant se libérer de toutes nos peurs et vivre. Je commence à me questionner sur les personnes âgées qui s’économisent en regardant la télévision. Nous n’avons pas le temps d’avoir peur pour sa santé ou d’avoir peur de se blesser ou même d’avoir peur de mourir. Autant vivre complètement le jour présent et advienne ce qu’il adviendra. Autant mourir heureux. Allons y, plongeons complètement dans la vie. Vivons-là de façon parfaitement insouciante et si un projet ne fonctionne pas, passons au suivant.

De plus qui sommes nous pour décréter que la mort est une fin. C’est une croyance que personne ne peut prouver. Je suis entrain de me demander qu’elle serait la raison de notre courte vie si ce n’est pas pour utiliser nos acquis après. Il serait donc plus judicieux de penser que la mort est un tremplin, une deuxième naissance. Si nous pouvions mettre notre vie en pause alors nous ne serons jamais ce qu’il y a après la mort. Comme pour un voyage, si nous rentrons prématurément de notre périple, nous ne serons jamais ce que nous aurions pû vivre si nous l’avions prolongé. Alors continuons sur la route de la vie, continuons sereinement ce chemin en étant, démesurément curieux de ce qui va nous arriver. Et si, la mort est bien une seconde vie, que nous restera t-il de la première : notre voiture, notre maison et notre argent accumulés ou notre sagesse ? Je penche, assurément, pour cette deuxième solution. Réussir sa vie consisterait donc à développer notre sagesse et à être heureux. Comme la mort peut arriver à tout moment, autant commencer à être heureux aujourd’hui. Mettons tout en œuvre pour sortir de cette vie avec le plus haut niveau de sagesse possible. »

Alyson posa son stylo et ferma son cahier rouge. Elle venait de décider qu’elle l’appellerait : cahier de réflexions et de développement personnel. Alyson s’étonna elle même d’être allée aussi loin dans l’analyse. Sans s’en rendre compte, elle avait beaucoup réfléchi depuis son anniversaire. Écrire l’aidait à clarifier ses idées. Elle reprit son stylo et rajouta sur la première page :

« Cahier de réflexions et de développement personnel :

Ces réflexions ne constituent qu’un seul point de vue sur la vie. D’autres solutions, d’autres visions tout aussi valables sont possibles. »

L’ambiance de la bibliothèque était très calme et propice à la concentration. Elle rejoignit Arno qui était plongé au cœur de son livre. Sur la table, un ordinateur était à disposition. Arno posa son roman.

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